Vincent LAY 1833 . 1892

C'est au château de Rudelle que naquit le 1er janvier 1833, Vincent Lay. Il était le fils de Jean-Baptiste  Lay (1801-1859), propriétaire et de Joséphine Duclaux.

La famille Lay, qui se composait essentiellement de docteurs en médecine et de pharmaciens, acquit une place prépondérante à Muret lorsque le grand-père de Vincent, Barthélemy Lay (1747 -1827),maître en chirurgie, épousa en secondes noces Jeanne-Marie Peyssies (1761-1837).En effet celle-ci était l'héritière de son frère Jean-Marie Peyssies (1758- 1827), notaire royal, Maire de Muret de 1795 à 1798 et de 1817 à 1826, et acquéreur du château de Rudelle lorsque celui-ci fut mis en vente comme bien national à la mort de l'ultime descendante des de Prohenques en 1797.

C'est donc au sein de cette vaste propriété que Vincent Lay passa son enfance et sa jeunesse près de ses parents, s'intéressant notamment aux questions agricoles. Aussi, contrairement à la tradition familiale, choisit-il la profession de minotier. En juin 1867, il épousa Léonie Baurie (1846-1909), fille de Félix Baurie et de Coralie Cortes. De cette union naquirent trois enfants : Jeanne (1868-1944), Gabrielle (1871-1945) et Paul Lay (1880- 1963) qui suivra la tradition paternelle en s'intéressant lui aussi à l'agriculture.

Comme pour Charles Niel, la chute du Second-Empire, qui s'effondre à Sedan le 2 septembre1870 et la guerre Franco-Prussienne vont marquer son destin. Mais l’inverse de celui-ci ce sont ses opinions républicaines, clairement affichées, qui vont le hisser à la tête de la commune.

En effet les circonstances politiques particulièrement graves que connaît la France à cette époque vont précipiter les événements à Muret comme dans tout le pays. La chute de Napoléon III entraîna celle des maires qui l'avaient soutenu, notamment du Colonel Bonnet, ardent bonapartiste et Maire de Muret depuis 1857, et de la municipalité qu'il conduisait. Pour le remplacer une commission municipale fut formée afin d'assurer « l'intérim ». Or la présidence de cette commission fut offerte à Vincent Lay. Aussi, lorsque des élections régulières eurent lieu le 29 septembre 1870, Vincent Lay fut-il élu Maire de Muret, même si son installation officielle n'intervint que le 14 mai 1871.

Il choisit comme conseillers municipaux Camille Colliou, Dominique Bayard, Sylvain Montalègre, Jean-Baptiste Coutet, Ferdinand de St Marc etc...

Son premier mandat, car il y en eu deux, commença sous des hospices particulièrement difficiles. En effet le pays dut subir tour à tour les ravages de la guerre avec la Prusse et les horreurs de la Commune.

Malgré une situation économique préoccupante, Vincent Lay n'hésita pas à effectuer un emprunt de 20 000 Francs pour la Garde Nationale mobilisée afin de soutenir l'effort commun.

Son mandat fût marqué par de nombreuses réalisations. Ainsi l'on vit au cours de ces années l'instauration de la gratuité des écoles en 1871, l'achat par la ville puis la destruction d'immeubles afin d'agrandir la place des Marchands en 1872, la construction de la chapelle St Germier et l'achat de la maison de M. Bruno Petit, ancien Maire de Muret, afin de la transformer en mairie (actuel hôtel des finances), ainsi que la construction du mur de Garonne côté rive gauche (actuel quai Cornus) en 1873.

Malgré cela, lors des élections de 1874. il fût battu par Henri de Castillon de St Victor, candidat de «l'Ordre moral» et ardent partisan du Maréchal de Mac-Manon alors Président de la République. Mais quelques années plus tard la situation politique changea car les conservateurs perdirent du terrain. Aussi Vincent Lay, dont les idées libérales étaient connues, fut-il à nouveau élu Maire de Muret le 13 janvier 1878.

La commune qui jouissait d'une situation économique satisfaisante put se permettre de nouvelles réalisations. Aussi Vincent Lay entreprit-il l'aménagement de la plate-forme de Louge en 1879, l'agrandissement de l'abattoir et la construction de la chapelle de la Salette la même année, la construction de la mairie d'Ox inaugurée en 1881 et la création d'une école publique de filles dans la même commune, ainsi que la construction du second étage du presbytère en 1880 et le pavage de nouvelles rues en 1882.

Dans le domaine culturel, son mandat fût surtout marqué par la création de l'Harmonie Dalayrac en 1880, dirigée par M. Vincent qui composa quelques années plus tard « La Mure-taino », et par la naissance du poète Pierre Fons en 1879.

Cependant la situation de Vincent Lay apparut peu à peu inconfortable car il ne bénéficiait pas du soutien du député de sa circonscription, Charles Niel. Or c'est précisément Charles Niel, candidat du parti conservateur, qui lui ravit la mairie lors des élections du 27 juillet 1882.

A partir de ce moment, Vincent Lay se consacra à l'étude des questions agricoles qui le passionnaient et à l'embellissement de ses propriétés. Il installa notamment un ingénieux système d'irrigation à Rudelle et devint propriétaire de fa terre de Baronis où se perpétuent toujours ses descendants.

Vincent Lay mourut prématurément le 12 octobre 1892 à l'âge de 59 ans en son château de Rudelle. Il fut inhumé aux cotés de sa famille dans l'allée centrale du cimetière de Muret. Ainsi s'acheva l'un des épisodes, selon l'expression de M.Serge Déjean de «la Saga tranquille des Lay »

Sources :
- Archives privées.
- Archives Municipales : 1 D7, 1 D8.
- Sarrans (Raymond) « Muret au XIXème siècle », 1976

Christophe Marquez, Vincent Lay 1833 .1892 dans Société du Patrimoine du Muretain

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